Des chiffres qui déconcertent : on voit parfois des entreprises en difficulté obtenir un prêt participatif, pendant que d’autres, plus solides, essuient un refus. Le paradoxe n’est qu’apparent : pour accéder à ce type de financement, il faut réunir plusieurs conditions. Seules les sociétés commerciales ou coopératives, à l’exclusion des micro-entreprises, peuvent prétendre à ce soutien, à condition d’exister depuis au moins trois ans et d’avoir un projet de développement concret à présenter.
Il y a des exclusions nettes : établissements de crédit et sociétés de financement passent leur tour, tout comme les entreprises en procédure collective. D’un territoire à l’autre, les critères changent, les dispositifs régionaux ou nationaux dessinant une carte à géométrie variable, avec des accès et des accompagnements qui diffèrent sensiblement.
Le prêt participatif relance : un levier de financement pour les entreprises
Le prêt participatif relance fait figure d’ovni dans le paysage du financement des entreprises françaises. Lancé au printemps 2021, il s’adresse en priorité aux PME et ETI fragilisées par la crise sanitaire. Ce n’est ni un crédit traditionnel, ni une augmentation de capital : il s’agit d’une dette longue (souvent sur 8 ans), subordonnée, qui vient renforcer les quasi-fonds propres sans toucher à la structure du capital. C’est une aubaine pour les dirigeants qui veulent consolider leur bilan sans céder de parts.
L’obtention de ces prêts participatifs relance repose sur un montage précis : la banque instruit le dossier, tandis que l’État garantit jusqu’à 30 % des pertes éventuelles. Ce sont les grands réseaux bancaires et quelques sociétés de financement qui assurent la distribution, avec une enveloppe globale de 1,7 milliard d’euros annoncée pour 2022, d’après Bercy.
Caractéristiques principales
Voici les points clés de ce dispositif :
- Montant : généralement situé entre 500 000 € et 8 millions €, ajusté à la taille de l’entreprise
- Durée : 8 ans avec, en pratique, un différé de remboursement de 4 ans
- Taux d’intérêt : supérieur à celui d’un crédit bancaire classique, pour compenser le risque supplémentaire
Le prêt participatif relance cible prioritairement les entreprises ayant déjà obtenu un PGE (prêt garanti par l’État), mais désireuses de soutenir leur reprise ou d’investir. L’exigence reste élevée : le business plan est passé au crible, avec un examen de la capacité de rebond, de la viabilité de la stratégie, du chiffre d’affaires et de la rentabilité attendue. La garantie d’État ne couvre qu’une partie du risque : le reste dépend du regard du banquier.
À qui s’adresse réellement ce dispositif ?
Le prêt participatif ne ratisse pas large. Le dispositif n’est pas taillé pour les microentreprises ni pour les start-ups en démarrage. Il vise d’abord les PME bien structurées et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), celles qui disposent déjà d’une organisation solide et d’une trajectoire de croissance, mais qui restent fragilisées dans leurs fonds propres après la crise.
La ligne directrice est limpide : aider les acteurs qui tiennent debout malgré la tempête. Pour y accéder, il faut montrer une activité d’envergure : un chiffre d’affaires supérieur à deux millions d’euros pour les PME est souvent exigé. Les ETI, elles, relèvent du critère officiel, moins de 5 000 salariés et jusqu’à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Derrière ces seuils, la volonté d’accompagner des projets ambitieux : investissements de production, innovation, développement commercial, internationalisation.
Autre exigence : des comptes sains avant la crise, et, dans la majorité des cas, un PGE déjà en place. L’objectif : renforcer les entreprises qui veulent relancer leurs marges, embaucher ou restaurer leur dynamique de croissance. Rien n’est automatique : la banque étudie le dossier, l’État sécurise, et l’entreprise doit prouver que ce financement générera de la croissance réelle.
Conditions d’éligibilité et démarches à connaître
Le prêt participatif relance s’adresse en priorité aux entreprises qui peuvent présenter une trajectoire solide et des fondamentaux robustes avant la crise sanitaire. L’accès dépend de plusieurs critères distincts :
- Être une PME ou une ETI enregistrée en France
- Afficher un chiffre d’affaires supérieur à deux millions d’euros si l’on est une PME
- Justifier de comptes certifiés et d’un historique financier stable avant 2020
- Bénéficier d’une cotation Banque de France de 5+ ou mieux
- Ne pas être en procédure collective au moment de la demande
Les sociétés ayant déjà contracté un PGE profitent d’un accès plus souple : il s’agit d’apporter un complément à un plan de financement déjà engagé. Le prêt participatif est plafonné à 12,5 % du chiffre d’affaires pour une PME, 8,4 % pour une ETI. Cette limite vise à éviter de déséquilibrer la structure financière.
Pour faire une demande, il faut passer par sa banque habituelle ou une société de financement partenaire. Le dossier doit être solide : plan de développement, capacité de remboursement, comptes détaillés, tout doit être prêt. La demande est instruite par la banque, l’État apporte sa garantie, la Banque de France contrôle la cohérence des notations.
Transparence sur le projet, solidité des comptes et cohérence stratégique sont attendus. Les entreprises doivent prouver leur vision à moyen terme et convaincre à la fois le banquier et les services publics.

Quels projets peuvent concrètement bénéficier d’un prêt participatif ?
Le prêt participatif relance est destiné à des projets de développement concrets, capables de générer de la croissance. Il n’est pas question de couvrir des besoins de trésorerie courants ou de combler des pertes antérieures. Ce dispositif vise l’investissement, la création de valeur, l’ouverture de nouveaux marchés.
Voici quelques exemples de projets pouvant être financés :
- extension de capacités industrielles ;
- modernisation de l’outil de production ;
- innovation technologique ;
- déploiement commercial à l’international ;
- transformation numérique.
L’idée : impulser une vraie dynamique de relance et renforcer la compétitivité sur plusieurs années. Un plan d’affaires solide et détaillé est indispensable : il doit chiffrer les investissements, exposer la stratégie de croissance, et préciser l’impact sur la rentabilité, l’emploi, la pérennité.
Le prêt participatif vient compléter d’autres sources de financement, qu’il s’agisse d’un PGE ou de fonds propres. Les projets privilégiés sont ceux portés par des PME ou ETI qui s’inscrivent dans la durée et créent une dynamique sur leur territoire. Toujours la même ligne : soutenir la transformation productive, l’internationalisation ou la transition numérique, pour permettre à l’entreprise de changer d’échelle. Demain, les entreprises qui sauront saisir cette opportunité pourraient bien devenir les nouvelles locomotives de la relance économique française.

